Clôture du projet FAIR III en Tunisie : dix ans de progrès pour un recrutement équitable, transparent et durable

Posted at February 27th 2026 12:00 AM | Updated as of February 27th 2026 12:00 AM

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Tunis, 16 décembre 2025 – L’Organisation internationale du Travail (OIT), en partenariat avec le ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle (MFPE), a organisé à Tunis l’atelier de clôture technique du projet FAIR III, marquant également dix années d’engagement continu en faveur du recrutement équitable en Tunisie. 

Mis en œuvre depuis 2015 à travers trois phases successives (FAIR I, II et III), le programme intégré pour le recrutement équitable (FAIR) s’inscrit dans la stratégie mondiale de l’Initiative pour le recrutement équitable de l’OIT. Il vise à promouvoir des pratiques de recrutement transparentes, responsables et respectueuses des droits fondamentaux au travail, en particulier pour les travailleurs migrants. 

Une décennie d’appui structurant à la gouvernance du recrutement international 

Au fil des dix dernières années, le projet FAIR a accompagné la Tunisie dans la consolidation de son cadre institutionnel et juridique en matière de recrutement international de la main-d’œuvre. L’appui de l’OIT a permis de renforcer le rôle des institutions nationales clés, notamment le MEFP, la Direction générale du placement à l’étranger et de la main-d’œuvre étrangère (DGPEMOE), l’ANETI et l’ATCT, en favorisant une meilleure coordination interinstitutionnelle et une montée en compétences durable des acteurs publics et privés. 

Des actions ciblées de renforcement des capacités ont été menées au profit des conseillers à l’international, des inspecteurs des établissements privés de placement à l’étranger (EPPE) et des cadres institutionnels, contribuant à l’instauration progressive d’une culture de conformité, de transparence et de responsabilité dans le secteur du placement à l’international. 

Professionnalisation du secteur privé et outils nationaux de référence 

Le projet FAIR a également joué un rôle central dans la professionnalisation et la régulation des établissements privés de placement à l’étranger. L’élaboration et la validation de deux outils nationaux de référence – le Guide de conformité et le Modèle économique pilote – ont permis d’encadrer l’activité des EPPE, de promouvoir des pratiques responsables et d’aligner le secteur sur les normes internationales du travail, tout en renforçant la protection des travailleurs migrants. 

La digitalisation comme levier de transparence et de durabilité 

L’un des acquis majeurs de FAIR III réside dans la conception et la validation de la plateforme nationale numérique dédiée aux EPPE, véritable avancée structurelle dans la modernisation de la gouvernance du recrutement international en Tunisie. Cette plateforme permet la digitalisation des procédures d’autorisation, de contrôle et d’inspection, renforce la traçabilité des opérations et améliore la transparence du secteur, tout en facilitant le travail des inspecteurs et le suivi institutionnel. 

À travers cette innovation, la Tunisie se positionne aujourd’hui parmi les pays pionniers en matière de digitalisation du recrutement équitable, en adéquation avec les Principes généraux et directives opérationnelles pour le recrutement équitable de l’OIT. 

Une reconnaissance régionale et internationale 

Grâce aux acquis du projet FAIR, la Tunisie est devenue un modèle régional de référence en matière de gouvernance du recrutement équitable et un acteur engagé dans le dialogue mondial, notamment à travers sa participation active au Comité consultatif de l’Initiative pour le recrutement équitable de l’OIT. Cette reconnaissance est le fruit d’un effort collectif associant institutions publiques, partenaires sociaux, secteur privé et partenaires techniques et financiers, en particulier la Coopération suisse. 

Un point d’aboutissement et une projection vers l’avenir 

L’atelier de clôture du projet FAIR III ne marque pas la fin de l’engagement, mais l’aboutissement d’un cycle et le point de départ d’une nouvelle phase de consolidation. Les acquis de FAIR constituent aujourd’hui une base solide pour assurer la pérennisation des réformes engagées, notamment à travers d’autres initiatives complémentaires telles que THAMM Plus et d’autres programmes de coopération bilatérale. 

L’enjeu des prochaines années sera d’institutionnaliser durablement ces acquis, de renforcer leur ancrage territorial et de poursuivre le dialogue social, afin de garantir un recrutement équitable au service du travail décent, de la dignité humaine et du développement durable.